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WillbeeN

Ricardo Fiftioane

ANNEXE Les Braderies de la Cave Inepte | 22 janvier 2008

 

ANNEXE







les Braderies

de la Cave Inepte








Il n'y a qu'une gageure

C'est que celles-là vous plaisent

Pour qu'une seule soit meilleure

J'ai laissé les mauvaises...

Publié par willbeen à 12:23:00 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Le Crime Parfait | 22 janvier 2008

 

Le Crime Parfait


C'était le bar le plus crasseux de la ville, la plaque tournante de la puanteur sordide et des toccards sur la touche. La serveuse, Gina "Balépate" roulait sur ses soixante-ans avec le charme d'une vieille routière. Elle était bien cabossée et malgré quelques fonctions élémentaires qui lui servaient encore, les options étaient en panne depuis belle lurette. En tortillant ses fesses sous une jupe huileuse, elle se dirigea vers la table des quatre caïds assis près des goghs et lança de sa voix railleuse:

- Qu'est-ce que je vous sers mes loulous?


Les gars assis autour de cette table avaient l'air d'avoir sombré avec le navire. Ils étaient recouverts de la même couche de crasse et le "Pic", qui parla le premier, avait la marque de son coude limée dans le bois de la table:

- Pour moi ce sera un picon, Gina

Son vrai nom, c'était Tony Velecci, dit "le Pic-Vert" parce que sa première taule, il l'avait écopée en piquant dans le tronc de la paroisse. Il avait pris l'habitude de prendre une chambre à la semaine entre deux gardes-à-vue. Un repas sur deux, il le prenait avec les poulets.

- Un lait, répondit une voix maniérée.

Lui, c'est Arsène Lopin, faussaire immobilier. Il fabriquait de faux titres de propriété pour une agence-écran et encaissait les arrhes des gogos avant de prendre la fuite.

- Pour moi ce sera une anisette, poupée! lança Mic-Mac avec un clin d'oeil.

Michel Champotier, maquereau, Mic-Mac. Il aime bien jouer les tombeurs. A court d'argent, il s'est marié avec la prostituée qu'il fréquentait pour baiser à l'oeil et se faire un peu de blé sur son dos. Mais étant son seul client, les affaires n'ont jamais marché.

Le quatrième larron, c'est Joe le Mime et personne ne sait ce qu'il fait là, mais il n'a jamais posé aucun problème.

- Et pour Joe? demanda Gina.

- Comme d'hab', un ballon de rouge avec du sirop de menthe glaciale. Quand il en aura marre, il parlera! répondit le Pic avec un rictus provoquant.

- Comme tu voudras, chéri, conclut Gina en levant les yeux au ciel.


- Messieurs, commença le Pic, si je vous ai demandé de venir, ou de rester pour certains -Mic, ou si je ne vous ai rien demandé -Joe, c'est parce vous et moi sommes de la même trempe, dit-il en testant son auditoire... Avant de me retirer, j'aimerais faire un beau doigt d'honneur à la déveine. Beaucoup de projets ambitieux ont échoué dans un concours de circonstances mais cette fois, c'est le moment de frapper un grand coup, d'inscrire une bonne fois pour toutes nos noms dans la longue histoire du grandbanditisme...

Les trois autres marquèrent une approbation.

- ... Il y a quelques jours, reprit-il, j'ai eu une idée, l'idée d'un cambriolage grandiose, sans blessés, sans témoins, parfait! Mais j'ai besoin de vous pour le mener à bien.

- Continue, marmonna Mic-Mac en lui soufflant la fumée de sa gauloise brune au visage avec un clin d'oeil.

- Hum hum. Merci Mic. Je sais que vous êtes tous plus ou moins réticents à l'idée de vous replonger dans les emmerdes, mais ce que je vous propose, c'est du sans risque. Voilà le plan: toi Lopin, tu nous dégottes une grosse baraque pas chère qui va se faire raser vite fait. Toi Mic, il faudra que tu peignes un peu ta poufiasse pour qu'elle soit présentable et que tu te trouves des fringues correctes, ok? Et moi, je m'occupe des invitations.

- Des invitations? dit Mic avec un clin d'oeil.

- Ouais, c'est ça l'idée. On organise une fête de charité pour une bonne cause bidon dans une baraque "nouveau riche". Mic et ta pute...

- Un peu de respect quand tu parles de ma femme, s'te plaît! dit-il avec un clin d'oeil.

- ... mouais, bon... Mic et "madame" Champotier, vous serez les Du Champs Du Potier, des nobles de bonne famille qui débarquent dans le coin, et pour vous faire bien voir dès le début, vous organisez une sauterie payante pour les enfants pauvres.

- Et toi? demanda Lopin.

- Moi, je serai le parrain, celui qui revient d'un séjour auprès des enfants. Ils voudront tous venir pour s'afficher, on peut se faire trois ou quatre millions facile!

- Et l'argent? relança Lopin, j'aurais besoin d'une avance pour la maison.

- J'y viens... On a tous un peu de côté, non?

- J'sais pas, Pic. C'est bizarre ton plan!

- Moi, je peux avancer cinq cent mille, dit Mic avec un clin d'oeil.

- Comme tu voudras, je te fais confiance. J'avais gardé cet argent pour ma retraite, mais je peux avancer neuf cent mille, dit Lopin.

- Et moi sept cent mille, ce qui nous fait deux millions cent mille. Le Mime, tu suis?

- ...

- Bon, on a deux millions cent, ça devrait couvrir les frais. Pour la bicoque, six cent mille, ça devrait suffire. Quelques trucs à grailler, les timbres, les costards, un peu de déco quand même, on sera large...

- C'est vraiment bizarre ton plan, on va tous se faire reluquer pendant des plombes et on n'est pas sûrs que ça marche...

- C'est du sans risque, j'te dis! Les richards y verront que les costards, t'enlèves ta veste, tu remets ton cuir et ni vu ni connu, personne te reconnaît. Et puis ça leur fera tellement mal au cul d'avoir fricotter avec les pauvres qu'ils en parleront jamais!

- Mouais...

- En plus, avec le pactole, on se casse en Amérique du Sud.

- Pas de trace tu dis?

- Pas de traces, comme si on n'était jamais venus, la baraque est pas à notre nom, pas de morts, pas de braquages, tout en souplesse... On en ressort blanchis et riches.

- Et les chèques.

- Quoi les chèques?

- Si on nous fait des chèques?

- On ne peut pas se faire prendre à cause de ça, faut pas être trop gourmands, les chèques on les balance.

- Ca fait qu'on perd du blé!

- Cinq cent mille, un million grand max', ça nous laisse trois millions lourd!

- Faut cibler les gogos, pour faire moins de témoins.

- Ca, je m'en charge, dit le Pic.

- Le mieux ce serait de trouver une baraque pas trop voyante. Ou même faire un compte fictif! Pas besoin de fiesta, on envoie les papiers par la poste et on récolte l'oseille, pas vus pas pris.

- Pas bête... Pas bête du tout même. Lopin, t'es quand même des nôtres?

- Je n'étais déjà pas très chaud au départ, mais si ne je sers à rien...

- Et moi et ma poule, on sert plus non plus du coup!?

- Ah... Ouais... Et toi, Joe, tu marches toujours?

Le Mime haussa les épaules.

- Si je comprends bien, je me retrouve tout seul! s'irrita le Pic.

- Ben écoute, on n'est plus tout jeunes. Et puis regarde, si on oublie les baraques, les fringues, la graille et les lettres, on économise deux millions, c'est pas rien. En quatre, ça fait cinq cent mille chacun.

- Qu'est-ce que tu me racontes?

- Je dis juste que si on reste là, on se fait cinq cent mille chacun, au bas mot.

- Cinq cent mille chacun?? Sans rien foutre??

  • Ouais, pas vu pas pris.

  • C'est quoi l'arnaque?

  • Y'a pas d'arnaque! Deux millions divisés par quatre, cinq cent mille...

- Messieurs, je lève mon verre au coup parfait!

- Au coup parfait, dirent-ils en coeur, sauf le Mime.

Publié par willbeen à 12:22:12 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Cours de Géométrie | 22 janvier 2008

 

Cours de Géométrie


- Aujourd'hui les enfants, nous allons faire un cours de géométrie. Prenez vos stylos et notez : pour calculer... pour calculer... le volume d'un cône...le volume d'un cône...accent circonflexe sur le « o »... pour calculer le volume d'un cône, on multiplie un tiers de la hauteur... un T.I.E.R.S. de la hauteur... par l'aire de la base... par l'aire de la base, qui est un cercle, comme nous l'avons vu la semaine dernière, la formule du volume d'un cône est donc ?

- Un tiers de pi fois le rayon au carré !

- Bien, euh... enfant. Très bien ! A la ligne. Pour calculer... pour calculer... le volume d'une pyramide... le volume d'une pyramide... c'est pareil... c'est pareil, un seul « l », pareil ne s'accorde pas avec pyramide! La base est un carré, le volume d'une pyramide est donc?

- Un tiers de côté du carré au carré, Monsieur!

- C'est en partie exact, le début est correct mais moi, c'est « Maître ». Reprenez...

- Un tiers de côté du carré au carré, Maître!

- Très bien. A la ligne. Pour calculer... pour calculer... le volume d'un volume... le volume d'un volume... irrégulier... iRRégulier... on enlève la base...on enlève la base... et on le remplit d'eau avec un volume dont on connaît le volume, point final.

Publié par willbeen à 12:21:34 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Je suis dans la rue avec mon chat... | 22 janvier 2008

 

Je suis dans la rue

avec mon chat


Je suis dans la rue avec mon chat. Il s'agit parfois d'un androgyne barbu à la barbe subtile. Il a les traits fins et prononcés, accentués par une peau tannée. Son menton prognathe et relevé souligne encore que son crâne est plat. Mais pour l'heure, c'est mon chat et il marche en zigzaguant entre les poubelles. On cherche un endroit pour dormir. Je me dis parfois que les borborygmes qui rythment notre progression sont les siens. En fait, j'ai faim et il en mange les restes. Nous arrivons dans le domaine de la nuit, il fait sombre et compte tenu de leur lumière spécifiques, on peut dire qu'il fait lampadaire. La porte vermoulue de la maison se trouve sur notre chemin. Au premier étage, il fait beau, et surtout, il fait jour, mais je ne le vois pas. La porte s'ouvre sur une caverne glauque, cloisonnée par quelques surfaces foncées. Peu après, les plans deviennent des cloisons et le vide, un espace entre des murs, il s'agit d'une maison avec des pièces. La pénombre laisse voir à mon chat les distinctions ténues entre les aménagements de vide. (Moi, je vois mon chat). La porte donne sur une vue. C'est une porte d'étable. Large. Cassée. Et mes premiers invités ne vont pas tarder.

Ils entrent un par un et se dirigent dans les pièces sans faire de bruit, quelques hochements de tête tout au plus. La vigueur de leur corps fatigué les fait paraître nus. Ils sont maigres, très maigres comme une invitation à la mort. Et ils copulent dans une pièce floue. Leurs mouvements sont lents et fluides dans un air dense et velouté. Alors que leurs chairs grises s'entrechoquent, le candélabre entre un instant dans cet espace et colore la pénombre d'un lampadaire terne et heureux.

Dans une autre pièce, ils sont assis au fond des fauteuils de cuir et se taisent avec stabilité, seul. En l'imaginant, cette pièce est seulement assez grande pour contenir un fauteuil sans une sortie. Et la pièce d'à-côté est une perversion.

Il me semble qu'on frappe à la porte et la voisine, en chemisier blanc, articule ses mâchoires. Elle essaie de dire "qu'est-ce que c'est que ce silence?". Je ne sais pas quoi lui répondre. Elle doit venir d'en haut. Mon androgyne parle un tchèque caverneux. Je lui dis ce qu'elle doit croire entendre avec le tchèque de mon androgyne et très vite elle regrette de nous déranger disparaissant dans la rue qui va à l'étage.

J'entends la lumière qui s'excuse peu à peu et quelque part derrière cet espace vide, les cadavres en smoking se pénètrent.

Il exhale un peu de poussière qui flotte en suspension et reste s'asseoir sur le fauteuil. Il n'y a pas réellement de plafond. Le noir monte très haut. Il le sait et ses yeux se perdent dans le vide qu'il regarde devant. Il n'est plus là.

Dans la pièce pervertie, les invités esquissent une moue indescriptible. La pénétration s'interrompt, le temps d'ouvrir les yeux, ils ne sont plus là. Sur la porte en partant, je trouve un billet vierge qui ne dit rien et la réalité qui m'absorbe.

Publié par willbeen à 12:21:12 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Le Rhume des Foins | 22 janvier 2008

 

Le Rhume des Foins


- Notre vache est enrhumée, toubib, ...

- Euh...

- Elle éternue à chaque fois qu'on lui donne à manger.

- Ah...

- On a essayé de changer de nourriture, et on s'est rendu compte qu'elle éternue que quand on lui donne du foin.

- Oh...

- C'est peut-être un rhume des foins, vous ne croyez pas?

- Ben...

- En lui donnant autre chose à manger ça pourrait passer, non?

- Mmh...

- D'accord, merci doc, c'est deux cents comme d'habitude?

- Oui...

Publié par willbeen à 12:20:34 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

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