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Ricardo Fiftioane

Le Malentendu | 22 janvier 2008

 

Le Malentendu


Qui prend le défi pour du courage

Qui prend le besoin d'offrir pour du partage

Qui prend la peur pour de la colère

Et qui prend l'ire pour du caractère

Le malentendu qui prend les erreurs pour de l'expérience, les années pour de la sagesse et l'oubli pour de l'ivresse

Le malentendu qui prend les choix pour une différence et la recherche pour une errance

Le malentendu...

Qui prend besoin pour aventure, largeur pour ouverture et zoo pour nature...


Je me sens nu sous mes vêtements, éteint et brillant, occupé, découpé, capitoné, décapité. Déboires de tirelires en reliures dorées, une lente agonie gommée par les enluminures. Comme une vessie pour une lanterne et le Sauterne pour un messie.

Laisser courir la rumeur parce qu'elle n'infirme plus

C'est mourir lentement pour un malentendu.

Publié par willbeen à 12:25:36 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Libre comme le vent... | 22 janvier 2008

 

Libre comme le Vent

Tanka Japonais


*Résultante floue

Du chaos climatique

Il fuit l'oppression

Pétri de lois physiques

Toujours vers la dépression*

Publié par willbeen à 12:24:55 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Soulager Atlas | 22 janvier 2008

 

Soulager Atlas


Par une matinée de printemps

Nous foulions innocents

Les chemins de traverse,

Jambes et pensées légères

Sans rien à satisfaire

Nous allions simplement.


Mais derrière l'horizon

Nous aperçumes un homme

Défiant toute toison,

Que dis-je un homme, un Dieu!

Qui de ses pieds foulait la Terre

Et de ses mains les Cieux!


En voyant sur ses tempes

Flots de transpiration

Je voulus compatir,

Comprendre son action;

Saluant mes amis

Enclins à d'autre avis

Je rejoins le géant

Au plus près de son ouïe:

-Dîtes-moi en quoi consiste

Ce fardeau qui s'impose

Que peut-être j'assiste

Le temps de votre pause.

- Je supporte le ciel

Pour le bonheur des Hommes

Dans l'indifférence telle

Que cette vie m'assomme...

- Je le tiendrais pour vous

Le temps que je pourrais

Et vous suis gré pour tous

De l'usure de vos braies.

- Tu n'es pas assez fort

Pour soutenir ce poids!

- Je pourrais faire l'effort,

Ne serait-ce qu'une fois!

- Mais tu es trop petit,

Le ciel serait trop bas!

- Pendant ces quelques heures,

Les pies ne voleront pas!


S'étant laissé convaincre

De me charger du lest

Le géant s'allongea

Pour savourer sa sieste...


Mais je compris bien vite

Qu'en fait de réticences

Le géant minaudant

Créait son importance:

J'eus beau tâter tout l'air

Piétinant les éteules

Serait-ce le fait d'équerres?

Le ciel tenait tout seul!


Quand dispos l'homme immense

Voulut reprendre office

J'espérais le convaincre

Que sa tâche était vaine

Mais,

Il fit fi des dispenses,

Céda à son caprice,

Et préféra trouver

Du beau au sacrifice...


Mes mois passèrent ensuite

A écouter ses plaintes

Oubliant peu à peu

Que sa peine était feinte,

Moi qui croyait l'aider

En pleurant son supplice

C'est un peu de son ciel

Qui m'emmène à l'hospice

Parce qu'une fois décidé

A être son cortège

C'est de mon propre gré

Que je fus pris au piège.


On devrait se méfier

Du malheur qui s'affiche

Comme d'un secret confié

Au premier qui s'en fiche:

Chacun louera sa cause

En fait de dévouement

Mais les plus forts se taisent

Et meurent sans voir trop grand,

Chacun possède en lui

La force surhumaine

D'être martyr d'un rien

De glorifier sa peine,

Il en faudrait pourtant

Un peu moins, du reste

Pour oser rester humble

Dans une vie plus modeste...


Comme on est bien souvent

Ce que l'on reconnaît

Il n'est pas étonnant

Que le jeu fasse effet

En fait, pour ces "héros"

Qui "méritent" d'être tristes

On s'oublie assez tôt

Pour danser sur leur piste.

Publié par willbeen à 12:24:31 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

Sonnet de sauvetage | 22 janvier 2008

 

Sonnet de Sauvetage


Faste flottant de l'humaine condition

Qui porte vers l'autre rive les espoirs infondés

Divertis du voyage par diverses attractions

Rendant chaque conscience plus inféodée


Dans ce huis clos d'opulence et de facilité

Voguant sur l'océan de la sobriété

Se noient les adipeux, trop saoulés de lipides

Pendant l'effervescente cérémonie des fluides


Rouillée de l'intérieur, happée par les éléments, coulée par le soleil

L'arche pompeuse sombre sans épargner ses hommes

Laissant une barque pour les plus humbles


En calme appareil

Survivre du minimum

Heureux et simple.

Publié par willbeen à 12:23:58 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

La mare de mon nombril | 22 janvier 2008

 

La Mare de Mon Nombril,

Petite Nouvelle Paresseuse


Ce matin, il fait bon. Je me suis levé à l'aube pour aller faire une sieste sous un arbre. Un peu de rosée s'est condensée dans le trou de mon nombril.


Au début, les acariens et toutes les petites bestioles qui se baladaient sur ma peau s'y baignaient et puis bien vite, c'est devenu "LA" mare branchée. Tous les trucs vivants s'y donnaient rendez-vous, les fourmis pour manger les acariens, les oiseaux pour manger les fourmis, les chats pour manger les oiseaux et l'ensemble de la chaîne alimentaire dont un maillon se perdait parfois dans ma bouche.

En picorant les fourmis, les oiseaux laissaient de petites cavités peu à peu remplies par la terre que chacun apportait à ses pattes. Un peu de vent, quelques abeilles et les graines les plus légères y ont poussé.


Autour de la mare, il y a maintenant des herbes, des fleurs qui stabilisent la terre de leurs racines, des fourmilières et des insectes qui me chatouillent toute la journée. Les petits crapauds ont aussi pondu quelques oeufs. Un rayon de soleil chauffe le microcosme huit heures par jour, les tétards vont bientôt naître.


L'autre jour, je me suis réveillé, à l'ombre. Autour de mon nombril, il y avait un sous-bois aux senteurs printanières, des fraises, des iules et des souris. Un arbrisseau s'était pris d'affection pour moi et m'enlaçait de ses racines... je ne me suis pas senti de le bousculer. Il y a à manger, il fait bon, la terre et l'humus me tiennent chaud la nuit et de petits compagnons de jeu passent me voir de temps en temps. Maintenant, depuis ma forêt, j'ai tous les prétextes du monde pour ne plus jamais me lever...

Publié par willbeen à 12:23:31 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) |

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