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Le Malentendu
Qui prend le défi pour du courage
Qui prend le besoin d'offrir pour du partage
Qui prend la peur pour de la colère
Et qui prend l'ire pour du caractère
Le malentendu qui prend les erreurs pour de l'expérience, les années pour de la sagesse et l'oubli pour de l'ivresse
Le malentendu qui prend les choix pour une différence et la recherche pour une errance
Le malentendu...
Qui prend besoin pour aventure, largeur pour ouverture et zoo pour nature...
Je me sens nu sous mes vêtements, éteint et brillant, occupé, découpé, capitoné, décapité. Déboires de tirelires en reliures dorées, une lente agonie gommée par les enluminures. Comme une vessie pour une lanterne et le Sauterne pour un messie.
Laisser courir la rumeur parce qu'elle n'infirme plus
C'est mourir lentement pour un malentendu.
Publié par willbeen à 12:25:36 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) | Permaliens
Libre comme le Vent
Tanka Japonais
*Résultante floue
Du chaos climatique
Il fuit l'oppression
Pétri de lois physiques
Toujours vers la dépression*
Publié par willbeen à 12:24:55 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) | Permaliens
Soulager Atlas
Par une matinée de printemps
Nous foulions innocents
Les chemins de traverse,
Jambes et pensées légères
Sans rien à satisfaire
Nous allions simplement.
Mais derrière l'horizon
Nous aperçumes un homme
Défiant toute toison,
Que dis-je un homme, un Dieu!
Qui de ses pieds foulait la Terre
Et de ses mains les Cieux!
En voyant sur ses tempes
Flots de transpiration
Je voulus compatir,
Comprendre son action;
Saluant mes amis
Enclins à d'autre avis
Je rejoins le géant
Au plus près de son ouïe:
-Dîtes-moi en quoi consiste
Ce fardeau qui s'impose
Que peut-être j'assiste
Le temps de votre pause.
- Je supporte le ciel
Pour le bonheur des Hommes
Dans l'indifférence telle
Que cette vie m'assomme...
- Je le tiendrais pour vous
Le temps que je pourrais
Et vous suis gré pour tous
De l'usure de vos braies.
- Tu n'es pas assez fort
Pour soutenir ce poids!
- Je pourrais faire l'effort,
Ne serait-ce qu'une fois!
- Mais tu es trop petit,
Le ciel serait trop bas!
- Pendant ces quelques heures,
Les pies ne voleront pas!
S'étant laissé convaincre
De me charger du lest
Le géant s'allongea
Pour savourer sa sieste...
Mais je compris bien vite
Qu'en fait de réticences
Le géant minaudant
Créait son importance:
J'eus beau tâter tout l'air
Piétinant les éteules
Serait-ce le fait d'équerres?
Le ciel tenait tout seul!
Quand dispos l'homme immense
Voulut reprendre office
J'espérais le convaincre
Que sa tâche était vaine
Mais,
Il fit fi des dispenses,
Céda à son caprice,
Et préféra trouver
Du beau au sacrifice...
Mes mois passèrent ensuite
A écouter ses plaintes
Oubliant peu à peu
Que sa peine était feinte,
Moi qui croyait l'aider
En pleurant son supplice
C'est un peu de son ciel
Qui m'emmène à l'hospice
Parce qu'une fois décidé
A être son cortège
C'est de mon propre gré
Que je fus pris au piège.
On devrait se méfier
Du malheur qui s'affiche
Comme d'un secret confié
Au premier qui s'en fiche:
Chacun louera sa cause
En fait de dévouement
Mais les plus forts se taisent
Et meurent sans voir trop grand,
Chacun possède en lui
La force surhumaine
D'être martyr d'un rien
De glorifier sa peine,
Il en faudrait pourtant
Un peu moins, du reste
Pour oser rester humble
Dans une vie plus modeste...
Comme on est bien souvent
Ce que l'on reconnaît
Il n'est pas étonnant
Que le jeu fasse effet
En fait, pour ces "héros"
Qui "méritent" d'être tristes
On s'oublie assez tôt
Pour danser sur leur piste.
Publié par willbeen à 12:24:31 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) | Permaliens
Sonnet de Sauvetage
Faste flottant de l'humaine condition
Qui porte vers l'autre rive les espoirs infondés
Divertis du voyage par diverses attractions
Rendant chaque conscience plus inféodée
Dans ce huis clos d'opulence et de facilité
Voguant sur l'océan de la sobriété
Se noient les adipeux, trop saoulés de lipides
Pendant l'effervescente cérémonie des fluides
Rouillée de l'intérieur, happée par les éléments, coulée par le soleil
L'arche pompeuse sombre sans épargner ses hommes
Laissant une barque pour les plus humbles
En calme appareil
Survivre du minimum
Heureux et simple.
Publié par willbeen à 12:23:58 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) | Permaliens
La Mare de Mon Nombril,
Petite Nouvelle Paresseuse
Ce matin, il fait bon. Je me suis levé à l'aube pour aller faire une sieste sous un arbre. Un peu de rosée s'est condensée dans le trou de mon nombril.
Au début, les acariens et toutes les petites bestioles qui se baladaient sur ma peau s'y baignaient et puis bien vite, c'est devenu "LA" mare branchée. Tous les trucs vivants s'y donnaient rendez-vous, les fourmis pour manger les acariens, les oiseaux pour manger les fourmis, les chats pour manger les oiseaux et l'ensemble de la chaîne alimentaire dont un maillon se perdait parfois dans ma bouche.
En picorant les fourmis, les oiseaux laissaient de petites cavités peu à peu remplies par la terre que chacun apportait à ses pattes. Un peu de vent, quelques abeilles et les graines les plus légères y ont poussé.
Autour de la mare, il y a maintenant des herbes, des fleurs qui stabilisent la terre de leurs racines, des fourmilières et des insectes qui me chatouillent toute la journée. Les petits crapauds ont aussi pondu quelques oeufs. Un rayon de soleil chauffe le microcosme huit heures par jour, les tétards vont bientôt naître.
L'autre jour, je me suis réveillé, à l'ombre. Autour de mon nombril, il y avait un sous-bois aux senteurs printanières, des fraises, des iules et des souris. Un arbrisseau s'était pris d'affection pour moi et m'enlaçait de ses racines... je ne me suis pas senti de le bousculer. Il y a à manger, il fait bon, la terre et l'humus me tiennent chaud la nuit et de petits compagnons de jeu passent me voir de temps en temps. Maintenant, depuis ma forêt, j'ai tous les prétextes du monde pour ne plus jamais me lever...
Publié par willbeen à 12:23:31 dans Les B. C. I. | Commentaires (0) | Permaliens
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